Bien peu de personnes parmi celles réunies les 24 et 25 juillet 2009 dans l'amphithéâtre 350 de la Faculté des Sciences de l'Université de Yaoundé I pour les journées d'études organisées en hommage au professeur Fabien Eboussi Boulaga pouvaient imaginer le type de négociations et même de tractations qui avaient précédé l'événement auquel elles avaient été conviées.


Face à la réputation des personnalités impliquées dans cet événement - Fabien Eboussi Boulaga lui-même, les initiateurs du colloque, les intervenants pressentis - les autorités de l'Université avaient manifesté une certaine fébrilité. Dès le départ, celles-ci s'étaient montrées méfiantes. Elles redoutaient que sous le couvert d'une réflexion académique autour de l'oeuvre d'un philosophe, cet événement ne soit qu'un prétexte pour ameuter une intelligentsia dissidente ou, pour parler comme dans leur langage, un moyen de créer «de l'agitation».
La tension entourant l'organisation de cet événement avait connu un précédent. On se rappelle qu'en février 1991, nous avions réservé un espace à l'hôtel Hilton de Yaoundé pour que l'écrivain Mongo Beti, revenu au pays après presque quarante ans d'exil, y participât à une table ronde. Malgré toutes les précautions prises et le scrupuleux respect des textes en vigueur régissant les réunions publiques, les autorités avaient tout mis en oeuvre pour empêcher l'exilé de s'exprimer. Un communiqué officiel laconique publié quelques heures seulement avant la rencontre avait interdit purement et simplement la conférence. L'événement tant attendu, qui avait drainé une foule immense, s'était achevé piteusement par une déclaration de Mongo Beti sur les marches dudit hôtel.
Tirant les leçons de cet épisode malheureux, nous avions choisi de ne pas faire preuve de naïveté et de procéder autrement cette fois-ci. Pour le colloque en hommage à Fabien Eboussi Boulaga, nous avions décidé de ne pas lésiner sur nos ambitions et de tenter de prendre carrément le capitole. Sans sourciller, nous avons donc demandé le plus officiellement du monde la mise à notre disposition du célèbre amphithéâtre 700 de l'Université de Yaoundé I, ce haut lieu d'histoire où sont reçus les visiteurs de marque, et où se déroulent tous les grands événements du campus et les divers «hommages académiques» rendus aux enseignants décédés, réduisant progressivement d'ailleurs l'amphithéâtre 700 en chapelle ardente.
Avril 2009 : connaissant les usages administratifs de notre République, je m'enquière de manière informelle auprès du rectorat de l'université des formalités de réservation de l'amphithéâtre 700. Un des hauts responsables de l'institution, qui connaît bien la sulfureuse réputation dont j'ai été affublé bien malgré moi, les règles écrites et non écrites du lieu, et les dédales politico-administratifs en place, me suggère d'en faire la demande par écrit et de la transmettre «par la voie hiérarchique» - sous-entendu à l'attention du plus haut responsable. Il me recommande également d'adresser la même demande au ministre de l'Enseignement supérieur, ceci pour diminuer le risque de voir la requête initiale tomber aux oubliettes.
Lorsque j'exprime ma surprise de devoir passer par le ministre lui-même pour une simple demande d'utilisation de salle dans une université dont le recteur dispose de l'autonomie de gestion, mon collègue me répond sagement que cette précaution pourrait être utile. Il connaît suffisamment les us et coutumes du lieu pour savoir que certains des personnages impliqués sont dignes des romans de Sony Labou Tansi. Connaissant ses bonnes dispositions à mon égard et son désir sincère de m'aider à éviter des désagréments, je m'exécute.
Mes lettres de demande d'utilisation de l'amphithéâtre parviennent au rectorat et au ministère le 29 avril 2009. Le 8 mai, le ministre transmet sa réponse au recteur, avec avis favorable. Ce dernier m'écrit le 15 mai, en ces termes : «J'ai donné des instructions à mes services compétents pour que l'amphi 700 soit mis à votre disposition les 24 et 25 juillet 2009 pour les journées d'études en hommage à Fabien Eboussi Boulaga.» Les choses seraient-elles beaucoup plus simples que je ne les imaginais ? Pas si vite. Le recteur s'empresse d'ajouter dans sa lettre une petite phrase lourde de conséquences et pleine de sous-entendus : «Toutefois, il convient de vous rappeler que cette cérémonie devra être consacrée exclusivement à des activités à caractère académique.»

 

Auteur : Ambroise Kom

Genre : Philosophie

Editeur : Présence africaine, Paris, France

Collection : Les cahiers

Prix : 18.30 €

ISBN : 9782708708082

GENCOD : 9782708708082

Sorti le : 07/06/2010

 

 

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