La mairie de Bayangam

    André Sohaing y est maire depuis 1997 sous les couleurs du parti au pouvoir le Rdpc, il est ensuite  réélu à deux reprises, en 2002 et en 2007 .

    Le village accueille également le siège d'une sous-préfecture.

    Tableau 4 : Résultats des élections municipales de 1996 à Bayangam

    Parti politique

    RDPC

    SDF

    UFDC

    Pourcentage des suffrages

    44,27%

    39,29%

    38,54%

    Nombre de sièges au conseil municipal

    18

    5

    2

    (Source : Ouest Échos n°024 du 21 février 1996, p. 3; rapport du procès verbal)

    Trois partis politiques sont représentés au conseil municipal soit 2 sièges pour l'UFDC, 5 sièges pour le SDF et 18 pour le RDPC. Ce premier conseil municipal a consacré, dans une certaine mesure la domination des autorités traditionnelles. Même si le tout premier maire est une élite urbaine, les deux adjoints sont les chefs batoufam et bandrefam.

    En 2002, la domination des élites urbaines est nette. Bien qu'une seule liste ait remporté les élections, sur les 25 conseillers municipaux, 13 sont des élites urbaines. Parmi eux, deux résident hors du Cameroun. Le premier en Norvège et le second en Italie. Le maire et le deuxième adjoint sont également des élites urbaines qui résident respectivement à Douala et à Dschang. Le poste de premier adjoint était alors réservé à une élite du terroir, M. Wakam Dieudonné. Cette configuration de l'exécutif communal va changer à la suite de la contestation réussie des municipales de 2002 par le SDF, les partielles de 2004 ont consacré l'hégémonie des élites urbaines. C'est ainsi que le poste de premier adjoint au maire, réservé jusque là aux élites du terroir, sera attribué à une élite urbaine. C'est ainsi que depuis 2004, le maire et ses deux adjoints sont des élites urbaines. Le maire réside à Douala, le premier adjoint à Dschang et le deuxième adjoint à Bamenda.

    Tableau 5 : Progression de la domination des élites dans l'arène politique de Bayangam.

    Période

    Nombre d'élites urbaines au conseil municipal

    Nombre d'élites urbaines dans l'exécutif communal

    1996-2002

    14 sur 25

    1 sur 3

    2002-2004

    13 sur 25

    3 sur 3

    2004-2006

    14 sur 25

    3 sur 3

    (Source : enquêtes)

    A ce niveau de notre analyse, on peut se poser une question : pourquoi tant d'élites urbaines s'intéressent-elles à la politique au village qui ne représente que 49 km² et dont le budget de la commune en 1996 était inférieur a 40 million ? Laissons le soin à nos informateurs de répondre. En effet, les raisons qui poussent les élites urbaines à se battre sur la scène périphérique sont diverses et varient d'un acteur à un autre et sont fonction, non seulement de leurs positions au niveau de l'échiquier politique national, mais aussi de leur affiliation partisane.

    Ainsi M.X, 54 ans, leader local de l'UNDP justifie ainsi son choix :

    « Je participe à l'action politique à Bayangam pour ne pas laisser le terrain et la gestion des affaires du village à des personnes qui n'ont pas de capacités managériales appropriés, mais qui ont pour seuls arguments politiques la corruption des consciences et l'argent à distribuer aux populations à l'approche des élections... ». Dans le même ordre d'idées, un autre répondra :

    « ...c'est pour sensibiliser les villageois, leurs faire prendre conscience de » ce qu'ils doivent se prendre en charge... »

    M.Y, élite urbaine et militant du RDPC résume sa position en ces termes :

    « Le sort des élites urbaines est lié au sort du village. L'élite qui fait campagne le fait pour elle-même. Ce qui est en jeu à Bayangam ce n'est pas la commune, mais l'image qui va se dégager à l'issue du vote. Car le positionnement sur l'échiquier national en dépend. A village rebelle correspond élite rebelle. »

    C'est dans le même ordre d'idées que l'on peut comprendre ce commentaire d'un conseiller municipal, enseignant d'université :

    « Je fais la politique au village par réalisme. Lorsque après les élections de 1992 (présidentielle) le RDPC a obtenu un score de 1% dans mon village, nous en avons ressenti les effets en ville. C'est depuis cette époque que nous nous sommes investis au village pour soutenir le RDPC... ».

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